De sa formation supérieure à l’art dans les années 1990 qui la conduit de Pau à Kassel, en Allemagne, puis à son installation à Épernay, le parcours artistique de Valérie Jacopin s’apparente à une quête de la transformation de soi par le regard posé sur son environnement naturel.
A l’heure où les data numériques prennent le pouvoir sur la création de l’artiste, Valérie Jacopin pose la question du paysage à partir de figures du passé, de Joan Mitchell à Cézanne, et de Per Kirkeby à Ferdinand Hodler. Ou par l’intimité de la relation à la nature en référence à l’autorité de l’histoire de l’art.
Les années 90 marquent le temps des premières confrontations avec la diversité des médiums et l’engagement artistique. Les échanges artistiques internationaux sont alors en pleine effervescence. Deux voyages dans le sud de l’Angleterre puis à Bilbao jalonnent son début de parcours. À peine diplômée, elle travaille les enjeux du travail collectif et des réseaux en assurant le commissariat d’une exposition des étudiants de l’école.
La rencontre avec Rob Scholte, artiste hollandais invité par le centre d’art Le Parvis à Tarbes marque un tournant dans son parcours, qui la conduit à un échange avec la Kunsthochschule de Kassel. La multiplicité des langages artistiques s’impose à elle dans la ville de la Documenta X. Urs Lüthi lui enseigne les bases de l’art conceptuel et de l’art corporel, Floris Neusüss ouvre sa réflexion et sa pratique à la photographie expérimentale, Dorothy von Windheim approfondit avec elle la question des médias artistiques, Udo Koch le travail sur la forme.
Les rencontres avec Milan Kunc et Marlène Dumas sont décisives. Elles déterminent son choix postérieur de la peinture comme expression première, celle qui révèle aujourd’hui son archéologie personnelle.
L’expérience allemande se poursuit par plusieurs expositions personnelles à Kassel, à la galerie Stellwerk en 1998 et à la Galerie Bitner et Debinski de 1997 à 2001. Elle expose des photographies expérimentales en 1998 à l’École Nationale de la Photographie de Arles lors des Rencontres.
Invitée une décennie plus tard au Musée Fridericianum pour une exposition collective, elle y confronte par le médium vidéo et l’image numérique son rapport imaginaire à l’histoire et à la géologie de la Champagne, où elle vit et travaille aujourd’hui.
En 2008, lors d’un parcours collectif itinérant à l’initiative de la Région, elle est invitée à la Commission européenne à Bruxelles, dans la Rotonde de Mohon à Charleville-Mézières, à l’Hôtel de Région et au Musée d’art moderne de Troyes. Elle y expose dans le cadre de l’Artothèque éphémère #1 de Champagne-Ardenne. Plus récemment, en 2024 et 2025 à Épernay, elle expose ses paysages de Champagne au Comité Champagne et au Syndicat des vignerons.
Quel que soit le médium, ou le contexte artistique, Valérie Jacopin garde de sa rencontre avec la diversité européenne le respect absolu de la singularité du parcours de l’artiste. Un respect pour elle indissociable du lien et du soin porté au paysage comme à un motif premier.